Obstacles à l'horizon

2023-2024

Durant quatre mois, j’ai longé le boulevard périphérique, tentant de comprendre la structure et le fonctionnement d’une route que je ne fréquente qu’en tant que passagère : je n’ai ni permis, ni voiture. Pour l’appréhender, je l’ai photographié, j’ai collecté des débris (papiers et objets) et des témoignages.
Très vite, il m’a semblé nécessaire d’apporter un peu de douceur à la brutalité de mon objet d’études. J’ai donc chercher à transformer les éléments recueillis :
 j’ai dormi au creux du boulevard, dans un hotel impersonnel / j’ai recyclé le papier pour créer le mien et qu’il accueille mes images / j’ai transformé mon expérience en un texte poétique dans lequel les témoins sont devenus des personnages / j’ai fait dansé l’un d’eux au dessus de la chaussée.

Ensemble de travaux réalisés dans le cadre d'une résidence de création à La Pouponnière de Lille. 

 
 
LES PASSAGERS

Ensemble de textes inspirés de témoignages recueillis autour du boulevard périphérique – janvier 2024

[extrait]
Des kilomètres d’asphalte,
des rails, des rails,
des lampadaires, barrières, grilles,
poteaux, panneaux, feux, pylônes, cadenas,
ponts, passerelles, tunnels, plots,
rambardes, stries, espace saturé de stries, obstacles à l’horizon.
Lignes ring,
lignes tensions,
lignes blanches et continues,
peu de végétation.
Des murs, des murs
anti-bruit, anti-pollution,
des murs fronts aux habitations.
Des voitures sur la route,
longent la voie ferrée, la ligne de métro,
des voitures sur des camions, sur des trains, parkings aériens ou souterrains.
Payer parcmètre ou garage pour ranger
la voiture qui roule sur la rocade et rentre
et roule, se gare et fonce même le soir.
Monde inachevé qui peine et court encore, volonté désinvolte,
monde qu’on abîme pour avoir à le réparer ?

Sur la ligne de rive

Exposition à La Pouponnière, Lille – février-mars 2024
En co-accrochage avec Aurélie Le Maître

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